Catégorie : culture

  • Ruth Asawa

    Ruth Asawa

    « An artist is an ordinary person who can take ordinary things and make them special. » – Ruth Asawa (1926–2013)

    Je ne connaissais pas Ruth Asawa avant de venir à San Francisco. Son nom m’était totalement inconnu. C’est en découvrant qu’une grande rétrospective lui était consacrée au SF MOMA que j’ai eu envie d’en savoir plus. Et ce fut une révélation. Ici, elle est une artiste connue. Pour moi, c’était une rencontre inattendue, et marquante.Son œuvre m’a profondément touchée : à la fois légère, puissante, et habitée.

    Artiste visionnaire et militante, Ruth Asawa a fait de l’art un outil de poésie autant que d’engagement social. Elle s’est faite connaître très tôt pour ses sculptures en fil de fer, suspendues, tissées à la main, qui semblent flotter dans l’espace. Avec ces formes organiques et aériennes, elle a rapidement attiré l’attention au-delà des États-Unis, acquérant une renommée internationale.

    Ruth Asawa s’est formée au Black Mountain College, en Caroline du Nord – une école expérimentale et avant-gardiste qui a profondément influencé l’art américain du XXe siècle. Née dans les années 1930, cette institution accueillait artistes, architectes, danseurs, philosophes… On y vivait et travaillait ensemble, dans une approche pluridisciplinaire où l’art ne faisait qu’un avec la vie. C’est dans ce terreau fertile que Ruth Asawa a façonné une vision artistique sensible, engagée, profondément connectée au monde.

    Dans son œuvre, la répétition, le motif, le rythme occupent une place centrale. Le geste y compte autant que le résultat. Elle explore la forme par la variation, la patience, le tissage. Chez elle, la répétition n’est jamais mécanique : elle devient méditative, organique, presque musicale. Le processus reste visible, comme une trace vivante.

    Ses sculptures en fil de fer sont inspirées d’un artisanat traditionnel mexicain : l’art de tresser des paniers. Mais sous ses mains, cette technique ancestrale devient langage. Le fil de fer – qu’on imagine rigide, coupant – devient fluide, dessine des volumes ouverts, souples, qui respirent. Ces œuvres jouent avec l’air, la lumière, l’ombre. Majestueuses, mais silencieuses.

    Mais Ruth Asawa, ce n’est pas seulement une œuvre, c’est une manière d’habiter le monde. Elle crée son atelier chez elle, au cœur de sa vie de famille. Elle élève six enfants avec son mari, l’architecte Albert Lanier. Leur maison devient un lieu de création, d’apprentissage, de transmission. Ensemble, ils conçoivent un jardin, observent la nature, ses cycles, ses formes. Chez elle, rien n’est séparé : l’art, le quotidien, l’attention au vivant forment un tout.

    « You can’t force a plant to bloom. It has a cycle. You have to tend it and care for it and wait for the bloom to happen. If you don’t take care of it, it dies. The more experience you have like this, the more you begin to understand your own cycle » Ruth Asawa.

    Sa maison atelier

    Enfin, son engagement pour l’éducation artistique est exemplaire. Toute sa vie, elle milite pour rendre l’art accessible à tous. En 1968, elle fonde l’Alvarado Arts Workshop, qui propose des ateliers dans les écoles publiques. En 1982, elle participe à la création d’un lycée spécialisé dans les arts – qui porte aujourd’hui son nom : la Ruth Asawa San Francisco School of the Arts. Elle croyait profondément au pouvoir de l’art : un levier d’émancipation, de développement personnel, de lien social.

    Ruth Asawa avec son petit-fils, devant l’une de ses sculptures du Japanese American Internment Memorial. Elle-même a été internée avec sa famille durant la Seconde Guerre mondiale, comme de nombreux Américains d’origine japonaise, à la suite de l’attaque de Pearl Harbor.

    Pas de grands discours. Mais des gestes répétés, patients, justes. Une vie en cohérence. Une œuvre habitée. Une manière puissante de rendre l’ordinaire extraordinaire.

    Chers amis, chère famille, si vous en avez l’occasion : l’exposition voyagera en Europe en 2026–2027, notamment au Guggenheim Bilbao et à la Fondation Beyeler.

  • Palm Springs

    Palm Springs

    J’avais découvert Palm Springs et ses maisons iconiques un an plus tôt, sur les réseaux sociaux, alors que je commençais à rêver ce voyage. Depuis, je n’avais qu’une envie : les voir de mes propres yeux.

    Ville emblématique, Palm Springs est devenue dans les années 1950 le lieu de villégiature privilégié des stars hollywoodiennes. Nichée au cœur du désert californien, connu pour ses sources d’eau chaude, c’est un véritable musée à ciel ouvert lorsque l’on déambule dans les quartiers résidentiels. Les maisons sont d’un chic absolu : des lignes épurées, des toits plats (ou presque), des immenses baies vitrées ouvertes sur les montagnes, des couleurs pastels ou flamboyantes, et des petits jardins soignés… tout ici respire le rétro chic et le design iconique.

    Aucune ne se visite. La photo mise en avant est l’intérieur de la maison Desert Home signé de l’architecte Richard Neutra (source : Wikipedia). Pour en savoir plus .

    Une pause idéale donc sur la route entre Los Angeles et le Grand Canyon… et finalement un peu trop courte à notre goût pour vraiment savourer tout ce que cette ville étonnante a à offrir.

    Aussi, nous avons effectué un petit pélerinage sur les pas de Franck Sinatra, sa maison et sa tombe en écoutant My way sur la route.

    Maison de Franck Sinatra
  • Walt Disney (1901-1966) : quelle vie !

    Walt Disney (1901-1966) : quelle vie !

    Dès notre arrivée, nous avons souscrit pour la première fois à un abonnement à la chaine disney +, histoire de revoir les grands classiques et de les montrer aux enfants. Chaque vendredi soir depuis notre installation à Berkeley, nous regardons un Disney.

    Il était donc temps de découvrir l’histoire de l’homme qui se cache derrière cette empire. Et, ce fut une très belle découverte : quelle vie Walt Disney. Je pensais que nous passerions seulement deux heures dans ce petit musée, nous avons doublé ce temps tant il y avait à voir, à écouter, à regarder. Fascinant !

    On débute la visite par une carte indiquant les origines du nom Disney qui proviendrait d’Isigny-sur-Mer, en Normandie. Cocorico, tant mieux si l’univers de Disney a des racines normandes.

    Fascinant de découvrir son parcours, son enfance, ses premières difficultés, son audace, l’importance de la famille (encore et toujours) et son côté visionnaire. Il a commencé le dessin très tôt, encouragé par sa famille surtout sa tante et ne s’est jamais arrêté. Il connaitra très rapidement à la fin des années 1920 le succès avec la création de Mickey. Il créa avec son frère ainé Roy la compagnie qui l’accompagnera jusqu’à la fin dans cette folle aventure.

    Et un visionnaire qui l’a emmené toujours plus loin. Après Mickey, Walt Disney se lance dans la création de Blanche-Neige et les Sept Nains qui sort en 1937, premier long-métrage d’animation qui marquera un tournant dans l’histoire du cinéma. Deux ans de dur labeur et un travail d’équipe titanesque pour arriver à ce premier long métrage.

    Puis vint l’idée des parcs d’attraction Walt Disney. Le premier sera impanté en Californie au sud de Los Angeles et a été inauguré en 1955.

    Il meurt finalement jeune à 65 ans , des suites d’un cancer du poumon.

    Un vrai moment de découverte, simple et enrichissant.Une belle histoire à l’américaine comme on les aime! (« self made man »)

  • Amy Sherald

    Amy Sherald

    Très belle découverte de cette artiste contemporaine américaine lors d’une exposition au SF Moma.


    Connue depuis qu’elle a été sélectionnée pour faire le portrait officiel de Michelle Obama en tant que first lady en 2018 pour la National Portrait Gallery de Washington D.C, Amy Sherald, aujourd’hui la cinquantaine, connait un franc succès ici en Amérique.

    They call me redbone, buy I ‘d rather be stawberryy shortcake, 2009, oil on canvas


    Elle réalise principalement des portraits de noirs, les peignant dans des nuances de gris (ce qui met l’accent sur l’aspect universel et intemporel de ses sujets) sur des grands formats, de très grands formats. Amy Sherald explore des thèmes liés à l’identité, la race et l’expérience noire, tout en offrant une vision moderne et parfois contemplative de ses sujets (avec ses fonds plats qui laissent ses tableaux en suspens). Elle cherche à redéfinir la manière dont les Afro-Américains sont perçus et valorisés dans l’art.

    Son travail est si minutieux. Elle réalise toujours des photos de ses modèles en studio qu’elle retravaille ensuite sur photoshop avant de les reproduire en peinture. Elle s’inspire aussi de clichés connus du grand public pour ses mises en scène en studio tels que ces deux tableaux qu’elle revisite avec des problématiques actuelles.

    A jubilant American sailor clutching a white-uniformed nurse in a back-bending, passionate kiss as he vents his joy while thousands jam Times Square to celebrate the long awaited-victory over Japan.
    If you surrendered to the air, you could ride it, 2019, oil on canvas

    J’ai été aussi très touchée par sa deuxième commande, celle du magazine vanity fair pour sa couverture représentant Breonna Taylor, jeune femme de 26 ans, tragiquement tuée dans son lit par des policiers lors d’une perquisition non justifiée à son appartement en mars 2020, à Louisville.

    Breonna Taylor, 2020, oil on canvas
    A God blessed Land (empire of Dirt), 2022, oil on canvas
    The bathers, 2015, oil on canvas
  • Chinese new year

    Chinese new year

    Cette année c’est l’année du serpent !

    Chinese New Year’s Parade, Martin Wong (1946-1999), 1992 tableau exposé dans l’exposition permanente du SF Moma representant un jeune garçon spectateur de la parade du nouvel an chinois de San Francico.

    Chinese new year parade, February 15th, San Francisco.